Le ramonage
Pourquoi faut-il ramoner ?
Le conduit de fumée est un élément essentiel au bon fonctionnement et à la sécurité d’un appareil de chauffage à combustion.
Son rôle ne se limite pas à évacuer les fumées vers l’extérieur du logement. Il participe également à la création du tirage thermique, indispensable au bon fonctionnement de nombreux appareils de chauffage.
Toute combustion produit des suies et des particules imbrûlées qui se déposent progressivement sur les parois du conduit. Avec le bois bûche, des goudrons et du bistre peuvent également apparaître lorsque les conditions de combustion sont mauvaises.
Ces dépôts présentent principalement deux risques
Le risque d’incendie : les dépôts présents dans le conduit peuvent s’enflammer et provoquer un feu de cheminée.
Le risque de mauvais tirage ou de refoulement : un conduit fortement encrassé peut perturber l’évacuation des fumées et, dans certaines situations, favoriser leur refoulement dans le logement.
Un ramonage régulier permet donc de maintenir le conduit propre et dégagé et de réduire les risques liés à son utilisation.
Le ramonage n’est pas seulement une obligation réglementaire : c’est avant tout une mesure de sécurité.


Pourquoi certains conduits s’encrassent-ils davantage ?
La vitesse d’encrassement d’un conduit varie fortement d’une installation à l’autre.
Elle dépend notamment :
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de la qualité de la combustion ;
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de l’humidité du bois ;
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de la qualité du combustible ;
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du dimensionnement et de l’isolation du conduit ;
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de la technologie de l’appareil ;
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de ses réglages ;
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de la façon dont il est utilisé.
Un appareil mal utilisé ou fonctionnant dans de mauvaises conditions peut encrasser très rapidement son conduit, alors qu’une installation correctement conçue et utilisée produit beaucoup moins de dépôts.
Le cas particulier du bistre
Certains conduits peuvent présenter une couche de bistre, dépôt dur, compact et fortement adhérent qui peut parfois prendre un aspect vitrifié.
Le bistre est combustible et ne peut généralement pas être éliminé par un ramonage classique au hérisson. Une opération spécifique de débistrage peut alors être nécessaire.
Dans le cas d’un tubage fortement bistré, son remplacement peut parfois être techniquement et économiquement préférable à une opération de débistrage.
Synthèse de la législation sur le ramonage depuis 2023 :
Depuis le 1er octobre 2023, les règles nationales relatives au ramonage sont fixées par le Code de la santé publique, à la suite notamment du décret n° 2023-641 du 20 juillet 2023 relatif à l’entretien des foyers et appareils à combustion et au ramonage des conduits de fumée. La numérotation actuellement en vigueur dans le Code de la santé publique résulte également du décret n° 2023-695 du 29 juillet 2023.
Une obligation minimale : un ramonage tous les 12 mois
L’article R.1331-71 du Code de la santé publique impose que les conduits de fumée ainsi que les tuyaux ou conduits de raccordement soient ramonés au moins une fois tous les douze mois.
Des dispositions locales prises sur le fondement de l’article L.1311-2 peuvent toutefois imposer plusieurs ramonages par an, dont un pendant la période de chauffe.
En cas d’absence totale d’utilisation de l’appareil pendant au moins douze mois, aucun ramonage n’est exigé pendant cette période, mais un ramonage doit être réalisé avant toute nouvelle utilisation.
Une fréquence renforcée recommandée en cas de forte consommation
Pour les appareils individuels à combustible solide — poêles, inserts et autres appareils à bois ou à granulés — l’arrêté du 20 juillet 2023, applicable depuis le 1er octobre 2023, recommande d’effectuer deux ramonages par an, dont un pendant la période de chauffe, lorsque la consommation annuelle dépasse :
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6 m³ apparents de bois bûche, ou
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2,5 tonnes de granulés.
Il s’agit ici d’une recommandation réglementaire liée à la consommation, et non d’une obligation nationale systématique de deux ramonages par an.
Une attestation après chaque ramonage
Conformément à l’article R.1331-75 du Code de la santé publique, chaque opération de ramonage donne lieu à la remise d’une attestation de ramonage dans un délai maximal de quinze jours ouvrés. Cette attestation précise notamment les conduits ramonés et atteste de leur vacuité sur toute leur longueur. Le client doit la conserver pendant au moins deux ans.
Qu’entend-on par « ramonage » ?
L’article R.1331-70 du Code de la santé publique définit le ramonage comme un nettoyage réalisé par action mécanique directe sur la paroi intérieure du conduit, destiné à éliminer les suies et dépôts et à assurer la vacuité du conduit sur toute sa longueur. Cette obligation comprend également les tuyaux ou conduits de raccordement.
Comment se déroule un ramonage ?
Inspection
La première phase du ramonage est l'inspection du conduit sur toute sa partie visible. Cela permet de déceler d'éventuelles non-conformités comme une fissure ou un problème d'étanchéité, une distance de sécurité non respecté vis à vis d'une pièce en bois, une aération non conforme... Cette phase est importante car tout professionnel a un devoir de conseil et doit informer son client d'anomalies éventuelles.
Acces
Le ramonage est réalisé principalement depuis le bas de l’installation, par le conduit de raccordement ou par une trappe de ramonage prévue à cet effet (conditions d'accés prévu par le DTU24.1)
Protection
Avant l’intervention, la zone de travail est protégée afin d'éviter la dispersion des suies et des poussières.
Ramonage
Le conduit est ensuite nettoyé mécaniquement à l’aide d’un système de ramonage rotatif professionnel. Une tête équipée de fils souples est entraînée en rotation à l’intérieur du conduit. Sous l’effet de la force centrifuge, les fils se déploient et viennent nettoyer les parois sur toute leur périphérie.
Cette technique permet notamment :
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un nettoyage régulier et efficace des parois ;
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de s’adapter à différentes formes et dimensions de conduits ;
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de franchir certaines trappes dont l’ouverture est plus petite que la section du conduit ;
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de faciliter le passage dans certaines configurations avec changements de direction ;
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de limiter les efforts physiques par rapport à un hérisson traditionnel ;
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et surtout de réaliser, dans de nombreux cas, le ramonage sans intervention sur la toiture.
Les suies et dépôts décrochés sont récupérés à la base du conduit à l’aide d’un capte-suies et d'un aspirateur professionnel avec filtration adaptée.
Le conduit de raccordement est également nettoyé. Le ramonage ne concerne donc pas uniquement la partie verticale du conduit de fumée, mais l’ensemble du parcours accessible des produits de combustion.
Lorsque cela est utile, le ramonage est complété par une inspection vidéo à l’aide d’une caméra. Celle-ci permet de contrôler la qualité du nettoyage, de vérifier l’état intérieur du conduit et de repérer d’éventuels dépôts persistants, du bistre, une dégradation, un obstacle ou une anomalie de montage.
Le ramonage rotatif, associé lorsque nécessaire à une inspection par caméra, permet à la fois de nettoyer efficacement le conduit et de contrôler visuellement le résultat de l’intervention sans avoir besoin de monter sur une toiture.
Certificat
À l’issue de l’intervention, les éventuelles anomalies visibles sont signalées au client et une attestation de ramonage est remise.




Par le haut ou par le bas ?
La sécurité du technicien ne peut pas dépendre de la configuration d’un conduit qui aurait dû être conçu pour être facilement entretenu.
Une installation de fumisterie doit être conçue de manière à pouvoir être facilement entretenue et ramonée (DTU24.1). En pratique, cela implique de prévoir des accès adaptés permettant l’intervention depuis le bas lorsque la configuration du conduit le permet.
Je suis intervenant et en tant que responsable de ma propre sécurité, je privilégie donc systématiquement les interventions réalisées depuis le bas. Une intervention d'entretien courant de 40 minutes ne justifie pas, à elle seule, une exposition inutile et répétée aux risques liés au travail en hauteur. Le risque de bris de tuiles est également à prendre en compte.
Certaines installations anciennes ou mal conçues imposent néanmoins un accès par la toiture et donc la mise en sécurité de l'intervenant, souvent avec la pose de points d'ancrage pour y fixer un antichute ou une ligne de vie. Ces ramonages nécessitant un accès en toiture sont réalisés sur devis et après appréciation des conditions d’accès et de sécurité par le responsable.
Ces intervention ne peuvent être réalisées que lorsque les conditions de sécurité sont réunies :
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équipements de protections individuels adaptés
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pose de point(s) d'ancrage et si besoin de ligne de vie
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une charpente correcte
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une couverture correcte (les plaque fibrociment anciennes non tuilées sont particulièrement dangeureuses)
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intervention de jour,
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par temps sec,
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sans pluie,
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sans vent important
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sur une toiture non humide, non enneigée et non givrée.
Ces interventions sont donc programmées pendant la période estivale et offrent nécessairement beaucoup moins de disponibilités.
L’intervention sera reportée ou refusée si les conditions ne permettent pas de travailler en sécurité.

Les bûches ou poudre de ramonage
On trouve dans beaucoup de magasin, des bûches ou de la poudre de ramonage.
Par action chimique ces produits vont fragiliser les dépôts de bistres, goudrons et créosote mais en aucun cas n'ont le même résultat qu'un ramonage mécanique. On peut les considérer comme une assistance avant ramonage lorsque le conduit est trop goudronné.
Donc en clair ces produits ne peuvent en aucun cas se substituer à un ramonage mécanique, mais sont une bonne solution pré-ramonage.



